Special Edition- Multilingual Blogging Day: Una Soleta Lenga Basta Pas Jamai (Mon Aerolisador Es Plen d’Anguilas)


Cher lecteur, chère lectrice,

Aujourd’hui c’est le Multilingual Blogging Day, qui a comme but d’encourager les gens à s’exprimer dans d’autres langues, surtout dans la blogosphère. J’aimerais donc en profiter en écrivant non seulement en ma langue maternelle (translation for anglophones below !), mais aussi en la langue que j’ai passé la moitié de ma vie à apprendre et à perfectionner.

Quand j’étais petite, j’étais obsédée par les codes secrets. Je voulais être espionne ou détective (mon rêve de devenir détective comme le fameux Hercule Poirot s’est réalisé le jour de mes 20 ans, où je me suis déguisée pour une soirée Eurovision…) De toutes mes ambitions pour l’avenir, c’était la moins stupide. Je voulais être vétérinaire. Mais je déteste les animaux. Je voulais être médecin. Mais j’ai peur du sang. Je voulais être conductrice de bus. Mais je me perds super facilement et en plus, j’aurais du mal à stationner une bicyclette…

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Je m’éloigne du sujet.

Cette obsession de parler en code secret, je l’ai toujours. Mais cette obsession s’est transformée en un désir de bien parler plusieurs « codes », de langues, quoi. Même là je savais que je voulais appendre des langues, d’être linguiste même.

(Ne Pas) Passer pour une Française

Quand j’étais un enfant, je voulais pouvoir parler avec mes amis sans que personne ne nous comprenne. Aujourd’hui, si je parle et on ne me comprend pas, c’est un catastrophe, un désastre. Un peu dramatique, peut-être, mais j’ai beaucoup travaillé pour pouvoir passer pour une française (bien que j’aie les cheveux roux et la peau très pâle, ce qui n’est pas très courant dans le sud de la France, ça m’arrive de temps en temps)…  Cependant, il y a quelques semaines, j’étais au Stadium de Toulouse pour voir le Stade Toulousain joue du rugby contre l’équipe de Leicester et puisqu’on m’a entendu parler en anglais avec mes amis britanniques, américains et finlandais, on m’a traité de fan de Leicester. J’étais folle de colère !

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Mais voilà le probleme ! Je parlais en anglais. C’est un fait de nos jours qu’il existe très peu de gens qui  ne comprennent pas au moins quelques petits mots en anglais. Et quel vrai fan du Stade, fier de leur équipe (qui avait gagné) parle en anglais, la langue de l’équipe opposé, en quittant le stadium ?

C’est une question d’identité et de fierté. Je suis fière de ma ville d’accueil (et de son équipe de rugby) et je suis fière de là d’où je viens, mais surtout, je suis fière de mes deux langues et du fait que je parle deux langues (même si je parle souvent du franglais !). Ce qui est difficile, c’est de savoir quand je devrais parler l’un ou l’autre.

La Fierte Linguistique, La Fierté Occitan

Au sujet de la fierté linguistique et du multilinguisme, ici à Toulouse j’ai eu l’occasion de voir un peu de ce que c’est que la fierté occitan. Pendant ma première semaine ici, il y avait le festival Occitania, avec de la musique, des gens en déguisement et en costume traditionnel et énormément de vaches (en plastique).

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J’ai donc décidé d’apprendre quelques mots et expressions en Occitan pour votre plaisir ce jour de Multilingual Blogging Day. Pendant cinq jours, j’ai tenté d’apprendre le plus que possible- étant étudiante à Toulouse, au cœur de l’Occitanie, je pensais que ça ne serait pas trop dur comme challenge… Mais bon.

J’avoue que j’aurais pu assister à un cours d’Occitan au Mirail, mais puisque ça a pris un mois et demi pour avoir un emploi du temps, j’ai décidé que ça ne vaut pas la peine, que ce serait de la torture quoi… Ben alors, j’ai parlé avec des gens qui ont appris quelques phrases en occitan de leurs grands-parents, j’ai bien écouté les annonces en Occitan sur le métro, j’ai regardé les noms des rues, j’ai cherché un peu sur internet…

Ça n’a pas été facile. Mais j’ai appris de l’Occitan en l’honneur de Multilingual Blogging Day.

Bon vèspre ! Va plan ? Fa bèla pausa ! Me dison Larousse. Encantada ! Soi pas nascut a Tolosa. Parlatz Occitan ?  Jamai de la vida ? Eh ben perqué parli Occitan ? M’escapi, que soi pressat. Mon aerolisador es plen d’anguilas. Vate cagar a la vigna !

Bon après-midi. Ca va ? Ca fait longtemps ! Je m’appelle Larousse. Enchantée ! Je ne suis pas née à Toulouse. Parlez-vous Occitan ? Jamais de votre vie ? Bon ben, pourquoi je parle en Occitan, moi ? Je  file parce que je suis pressé. Mon aéroglisseur est plein d’anguilles. Va chier dans le vignoble (fous le camp) !

Bon voilà. Après cinq jours de petites recherches, je peux me passer pour une folle Occitanophone, qui ne sait plus d’où elle vient ou bien à qui elle parle. C’est ça la joie d’apprendre.

La Belle Vie d’une Bilingue

Promouvoir la diversité et la fierté linguistique, c’est pour ça que ça existe le Multilingual Blogging Day. C’est pour ça que me voilà à Toulouse, moi, un linguiste francophone qui parle un peu d’Occitan et qui se perd toujours très facilement- et non juste parce que Le Mirail est un labyrinthe (un piège pour l’étudiant Erasmus qui n’en soupçonne rien…)

J’ai appris une centaine de choses pendant mes deux mois ici, mais la plus importante, la plus personnelle, c’est que la langue (soit-elle la deuxième, ou cinquième), ça fait partie de soi. Le bilinguisme, le multilinguisme, ça donne mal à la tête, des rêves bizarres (et multilingues), c’est dur, c’est fatiguant, mais il y de quoi en être fier. Penser du monde de deux (ou plusieurs) perspectives, ça c’est quelque chose à désirer à mon avis.

Vous ne pouvez pas savoir quand vous aurez besoin d’expliquer que votre aéroglisseur est plein d’anguilles…

[Traduction anglaise/ English version] 

Dear Reader,

Today is Multilingual Blogging Day, the point of which is to encourage people to express themselves in other languages throughout the blogosphere. So, with or without your permission, I’d like to take this opportunity to write not only in my mother tongue, but in the language I’ve spent half of my life learning and perfecting (see above).

 When I was little, I was a bit obsessed with secret codes. I wanted to be a spy, or a detective (my dream of becoming a detective like the famous Hercule Poirot came true on the eve of my 20th birthday, when I went as “Belgium” for Eurovision…) Of all my ambitions for the future, it was the least stupid. I wanted to be a vet. But I hate animals. I wanted to be a doctor. But I’m terrified of blood. I wanted to be a bus driver. But I get lost ridiculously easily and I’d have trouble parking a bike, if I’m honest…

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I digress.

This obsession with speaking in secret codes has stayed with me, but it’s become a desire to speak quite a few “codes” well. I’m talking about languages of course. Even then I knew that I wanted to learn languages, to be a linguist even.

(Not) Passing for a French Person

When I was a kid, I wanted to be able to speak with my friends without anyone understanding us. Now, if I speak and people don’t understand me, it’s a catastrophe, a disaster. Okay, a little dramatic maybe, but I’ve worked bloody hard to be able to pass for a French person (even though I have red hair and very pale skin- which isn’t all that common in the south of France-it does happen occasionally). However, a few weeks ago, I was at the Stadium de Toulouse to watch Stade Toulousain play rugby against Leicester and since someone heard me speaking English with some British, American and Finnish friends, they mistook me for a Leicester fan. I was outraged.

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But there’s the problem. I was speaking in English. It’s pure fact today that there remain very few people who don’t at least speak a few words of English. And what kind of true Stade Toulousain fan goes around speaking English, the language of the other team, as they leave the stadium?!

It’s a question of identity. And of pride. I am proud of the city I’m starting to belong to (and of its rugby team), of where I come from, of my two languages and of the fact that I do speak two languages. What’s difficult is to know when to use one or the other…

Linguistic Pride, Occitan Pride

Since we’re talking about linguistic pride, here in Toulouse I’ve had the great opportunity to see a little of what Occitan pride is all about. During my first week here, the Festival Occitania was going on (making a lot of noise!) with great music and people dressed up in costumes and traditional dress… And a heck of a lot of cows. Plastic cows.

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So I decided to learn a few words and phrases in Occitan, for your reading pleasure this Multilingual Blogging Day. Over the last five days, I’ve tried to learn as much as possible- and being an Erasmus student in Toulouse, at the very heart of Occitania, I didn’t think this would be a huge challenge. But anyway…

I’ll admit that I could have tried going to an Occitan class at Le Mirail, but since it’s taken me a month and bit to get a timetable of my very own, I figured it wasn’t worth the very torture that this would entail. So instead, I talked to people who’d learnt a bit of Occitan from their grandparents, I had a good listen to the announcements on the metro, I looked more closely at the street names and I had a gander online.

It’s not been easy. But this is what I came up with, in honour of Multilingual Blogging Day.

Bon vèspre ! Va plan ? Fa bèla pausa ! Me dison Larousse. Encantada ! Soi pas nascut a Tolosa. Parlatz Occitan ?  Jamai de la vida ? Eh ben perqué parli Occitan ? M’escapi, que soi pressat. Mon aerolisador es plen d’anguilas. Vate cagar a la vigna !

Good afternoon! How are you? It’s been a while. I’m called Larousse. Pleased to meet you! I was not born in Toulouse. Do you speak Occitan? Never in your life? Well then, why am I speaking Occitan? I’m off, I’m in a hurry. My hovercraft is full of eels. Go take a shit in the vineyard (piss off).

So there you have it. After five days of doing bits of research, I can confidently pass for a mad old Occitan speaker , who’s no longer sure where she’s from, or even who she’s talking to. And that, my friends, is the joy of learning.

La Belle Bilingual Vie

To promote linguistic diversity and pride- it’s for this very reason that Multilingual Blogging Day exists. It’s why I’m here in Toulouse- me, a French-speaking linguist, who knows all of about 8 sentences of mad Occitan and who still gets lost very easily (and not just because Le Mirail is a labyrinth, no, a trap for the unsuspecting Erasmus student…)

I’ve learnt hundreds of very useful things during my first two months in Toulouse. But the most important and the one that means most to me personally, is that your language (even your second, third, or fifth language…) becomes a part of you. Bilingualism, multilingualism, it gives you headache, it makes you dream strange things in several languages, it’s hard, it’s tiring, but you can be pretty bloody proud of it. And that’s really something, in my humble opinion.

You can never know when you might need to explain that your hovercraft is full of eels.

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2 responses to “Special Edition- Multilingual Blogging Day: Una Soleta Lenga Basta Pas Jamai (Mon Aerolisador Es Plen d’Anguilas)”

  1. Lu says :

    I’ve never read anything in Occitan but I could find similarities with other romance languages. Very interesting!
    You are definitely right when you say that the languages we speak/learn become part of us… and we are never the same again.

    • larousse7 says :

      I’d actually really love to learn it properly. I speak a bit of Spanish too, so it’s (at first glance at least) a beautiful mix of the two. And yes, language a part of me that I hold very dear!

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